La réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires

Le canal de Carpentras serpente à travers le Vaucluse sur 65 km du Sud vers le Nord, de Lagnes à Travaillan. Le réseau principal alimente 35 km de canaux dits secondaires ainsi qu’un réseau de canaux tertiaires et quaternaires, les filioles, dont le linéaire atteint approximativement 340 km.

La végétation qui se développe au sein de ces ouvrages doit être très régulièrement entretenue pour assurer un écoulement de l'eau continu et parvenir jusqu'aux parcelles des adhérents. Ce sont les brigadiers et les gardes canaux qui occupent cette mission durant toute la saison d'irrigation.

 

L’entretien des canaux : indispensable au bon écoulement des eaux

 

Le canal principal, les canaux secondaires et les filioles doivent être entretenus régulièrement pour assurer un bon écoulement des eaux. En effet, la végétation se développant à l’intérieur et à proximité des canaux peut perturber le bon écoulement de l’eau, diminuer la section des réseaux ou encore entraver l’accès du personnel aux ouvrages.

L’entretien de l’ensemble du réseau gravitaire est quotidiennement effectué par près de 15 agents de terrain (brigadiers et gardes canaux). Cette mission constitue l’essentiel de leur temps de travail pendant la saison d’irrigation.

Pour assurer cet entretien des canaux, les techniques mécaniques sont privilégiées dans la mesure du possible. L'entretien mécanique s'effectue à l'aide de matériel adapté : débrousailleuses, faux, épareuses, ...

Si le canal principal et les canaux secondaires sont entretenus uniquement de façon mécanique, les filioles (canaux tertiaires) en fonction des contextes propres à chacune, peuvent faire l’objet de traitement chimique pour le désherbage des filioles et de leurs abords.



Le Contrat de Canal à l’initiative de la réduction des produits phytosanitaires

 

Compte tenu du contexte règlementaire (Plan Ecophyto 2018), de l’impact négatif potentiel de l’utilisation de ces produits phytosanitaires sur la santé des gardes des canaux et sur la qualité de l’eau transitée, l’ASA a décidé de s’intéresser à sa politique d’entretien des canaux et a souhaité agir sur cette thématique.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Contrat de Canal de 2012 à 2017, une opération a été prévue au sein du « volet environnemental » dans la perspective de mandater un bureau d’études pour réaliser un diagnostic des pratiques d’entretien des canaux et de leurs impacts. Suite à cette étude en 2014, l’ASA a élaboré en 2015 un plan de réduction de l’entretien chimique des filioles, dernières zones traitées chimiquement, les réseaux principal et secondaires ayant déjà fait l’objet d’une politique de non traitement par le passé.

L’objectif est de réduire de moitié le linéaire total de filioles faisant l’objet d’un traitement chimique d’ici 2020.

Réduire l’utilisation des produits phytosanitaires : mise en œuvre et conséquences

 

Pour mener à bien le plan de réduction de l’entretien chimique des filioles, l’ASA doit compenser par une augmentation de l’entretien mécanique. Cette transition demande des compétences et du matériel adapté.

C’est pourquoi, un conducteur d’engins a été recruté en 2016 et des investissements dans du matériel de fauchage et débroussaillage, ont été réalisés en 2017, pour un montant de 200 000 € HT et financé à hauteur de 80% par le conseil Régional et l’Agence de l’eau :
- Débrousailleuses ;
- Tracteur, type porteur aménagé pour installer des groupes de fauchage ;
- Outils de fauchage et débroussaillage sur porteur (épareuse, broyeur, …)
- Equipements de protection individuelle (pantalon anti coupure, masque/visière, lunette, gants, casque anti bruit, …)

L’entretien manuel et mécanique des filioles demande un travail beaucoup plus important d’un point de vu physique pour les agents de terrain, et prend beaucoup plus de temps pour obtenir un résultat satisfaisant. En effet, sans produits phytosanitaires la fréquence des coupes de végétaux dans les filioles a été multipliée environ par 3. Les gestionnaires de l’ASA envisagent, en plus de continuer à investir dans du matériel spécifique, de bétonner certaine portion de filiole(s) pour limiter les fréquences de coupe et alléger le travail des agents.

 

Chiffres clés de la démarche

 

En 2016 et 2017, deux secteurs gravitaires du canal sont passés en « zéro phyto ».

A l’échelle du Canal de Carpentras, l’objectif de départ (réduction de 50% du linéaire traité chimiquement), a largement été dépassé avec une baisse de 70% du linéaire de filioles traitées chimiquement en 2014 qui ne le sont plus en 2017, ce qui représente un linéaire total de 98 km.

L’ASA va continuer, dans les années à venir, de poursuivre progressivement cette démarche de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires sur les autres secteurs de son réseau gravitaire.

 

Magazine 2019

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