Un nouveau directeur pour le canal de carpentras

Xavier Picot est le nouveau directeur du Canal de Carpentras depuis le 21 juin 2018.

En quelques mots peut-on connaître votre parcours ?

 Je suis ingénieur d’AgroSup Dijon. Originaire de Nîmes, je suis un méditerranéen qui n’a fait que traverser le Rhône pour rejoindre le Vaucluse. Avant de prendre mes fonctions au Canal j’étais chef de service pendant près de 20 ans à la Chambre d’agriculture du Gard où j’avais en charge toutes les questions relatives à l’hydraulique agricole et à l’aménagement du territoire jusqu’à ces dernières années. Je suis aussi Administrateur et Trésorier général de l’Institut Méditerranéen de l’Eau et membre de l’European Irrigators Community. Des fonctions qui m’amènent à conduire des expertises internationales dans les domaines de l’eau agricole.
Je veux aussi rajouter que je suis marié et papa de trois enfants.

 

 

Qu’est ce qui vous a conduit à venir au Canal ?

Un besoin de renouveau et un besoin de rentrer de plein pied sur une fonction d’encadrement et de gestion d’un très bel outil qui contribue à l’aménagement du territoire.

 

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au Canal en arrivant ?

Des femmes et des hommes passionnés et je rajouterai même passionnants lorsqu’ils parlent de leur métier et de leur lien au Canal. La qualité de la ressource humaine reste un élément fondamental dans toutes les entreprises. Bien évidemment, des syndics attentifs à la bonne marche de l’ASA et une situation financière saine le sont également.
Autre point, j’ai passé mes vingt dernières années à gérer des pénuries dans des contextes très tendues. Ici sauf sécheresse majeure, la bonne gestion de la Durance et du barrage de Serre Ponçon permet de répondre aux besoins des adhérents de l’ASA du Canal de Carpentras. C’est un atout de taille pour faire face aux bouleversements climatiques qui nous attendent et pour permettre à nos territoires de maintenir une activité agricole, de sauvegarder les ressources souterraines pour les besoins en eau potable, de proposer des eaux brutes aux collectivités et aux particuliers pour divers usages. C’est une banalité pour les gens qui côtoient le Canal depuis plus d’un siècle mais pouvoir disposer d’une ressource sécurisée est un atout formidable pour ce territoire. Ici il y a de l’eau !
Et enfin, un patrimoine exceptionnel. Les aqueducs, le Canal maître et les filioles donnent aux paysages traversés une image formidable. Et les réseaux sous pression, de par leurs effets directs de l’irrigation maintiennent une agriculture vivante.

 

Vous y avez trouvé sans doute aussi des aspects moins positifs ?

Je ne raisonne jamais en négatif ou en positif. Nous devons gérer une situation, un contexte à un moment donné, le Canal doit évoluer et il faut l’accompagner, c’est le travail de tous les dirigeants d’entreprise.
Nous allons poursuivre la modernisation des réseaux. Je veux aussi souligner la nécessité de la modernisation des méthodes de travail et des procédures. Nous devons maintenir et développer un service de haute qualité à tous les adhérents de l’ASA.

 

Comment commencez-vous votre prise de poste ?

Je poursuis actuellement mon cycle de rencontres avec tous les agents du Canal sur leur lieu de travail afin de voir en direct les réalités de tous les métiers.
Par la suite, nous allons bâtir – collectivement – un programme de modernisation sur plusieurs années en phase avec les exigences budgétaires du Canal.

 

Comment voyez-vous l’avenir du Canal ?

Le réchauffement climatique est une réalité palpable, nous avons traversé une sécheresse sans précédent en 2017 et toutes ces journées de canicule en 2018 nous le rappellent. A notre niveau nous devons nous adapter. On sait que la maîtrise de l’eau est un des enjeux majeurs dans ces bouleversements. Dans ce contexte, le Canal et son eau seront plus que jamais nécessaires dans ce territoire. Mais cette demande doit être accompagnée par des efforts d’optimisation de la ressource (chasse au gaspillage de l’eau) et des moyens techniques et financiers.